Revenus passifs
Les intérêts composés : la 8e merveille du monde
Attribuée à Einstein, l'expression n'a rien d'exagéré. Comprendre les intérêts composés, c'est comprendre pourquoi le temps est votre premier allié.
« Les intérêts composés sont la huitième merveille du monde. Celui qui comprend, en profite. Celui qui ne comprend pas, la paie. » La citation est attribuée à Einstein, sans certitude qu'il l'ait prononcée. Peu importe : elle est vraie.
La différence entre simple et composé
Un intérêt simple s'ajoute au capital initial, année après année. 1 000 € à 5 % simple, sur 30 ans : 1 000 + (1 000 × 5 % × 30) = 2 500 €. L'intérêt annuel reste de 50 €.
Un intérêt composé s'ajoute au capital cumulé — les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts. 1 000 € à 5 % composé, sur 30 ans : 1 000 × (1,05)^30 = 4 322 €. La différence, 1 822 €, est le fruit des intérêts sur les intérêts.
Sur trente ans, l'effet paraît modeste. Sur cinquante ans, il devient spectaculaire. Sur toute une vie d'investisseur, il est le moteur silencieux du patrimoine.
La règle des 72
Pour estimer en combien d'années un capital double, divisez 72 par le taux annuel. À 3 %, il double en 24 ans. À 6 %, en 12 ans. À 9 %, en 8 ans. À 12 %, en 6 ans. Simple, robuste, utile pour vérifier n'importe quelle promesse trop belle.
Trois amis, trois histoires
Anna, Bruno et Claire ont chacun 500 € par mois à investir, sur un support qui rapporte 7 % annuel.
Anna commence à 22 ans, arrête d'épargner à 32 ans (elle a investi 60 000 €), puis laisse son capital travailler jusqu'à 62 ans sans plus rien ajouter. À 62 ans, elle a environ 640 000 €.
Bruno commence à 32 ans, continue à épargner 500 € par mois jusqu'à 62 ans (il a investi 180 000 €). À 62 ans, il a environ 610 000 €.
Claire commence à 42 ans, épargne 500 € par mois jusqu'à 62 ans (elle a investi 120 000 €). À 62 ans, elle a environ 260 000 €.
Anna a moins investi que Bruno, elle a arrêté vingt ans plus tôt, et elle finit à peu près à égalité. Claire a investi le double de temps qu'Anna, et finit à 40 % de son capital. Le temps est le facteur décisif.
« Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a vingt ans. Le second meilleur moment est maintenant. »
Ce que cela change en pratique
Commencer, même petit
Attendre d'avoir 500 € par mois disponibles, c'est perdre des années. Commencer avec 100 € par mois à 25 ans donne, à 60 ans à 7 %, environ 180 000 €. Attendre 35 ans pour commencer avec 300 € par mois donne seulement 340 000 € — pour trois fois l'effort d'épargne.
Ne pas interrompre
Chaque année d'interruption coûte davantage que ce qu'elle semble économiser. Réduire son épargne pendant deux ans, c'est décaler l'atteinte du nombre FIRE de bien plus que deux ans.
Réinvestir les intérêts et dividendes
Un fonds capitalisant réinvestit automatiquement. Un fonds distribuant vous verse les revenus — que vous devrez replacer manuellement. Choisir la capitalisation quand on est en phase de constitution supprime une friction et augmente la probabilité que l'effet composé joue à plein.
La face sombre : l'inflation
Les intérêts composés jouent aussi contre vous — sous la forme de l'inflation. À 2 % par an, votre pouvoir d'achat diminue de moitié en 35 ans. Un capital de 100 000 € gardé sur un compte courant vaudra, en pouvoir d'achat, environ 50 000 € dans 35 ans. Ne rien faire, c'est perdre.
D'où l'urgence de placer, pas de conserver. Un capital qui ne rapporte pas plus que l'inflation régresse. L'objectif minimal, pour préserver la valeur réelle, est de battre l'inflation. Tout le reste est un bonus.
Le vrai secret
Il n'existe pas de méthode secrète pour devenir riche vite. Il existe une méthode fiable pour le devenir lentement : investir régulièrement, ne pas interrompre, laisser composer. Sur trente ans, cette méthode banale bat 90 % des stratégies plus intelligentes. Parce qu'elle utilise l'ingrédient le plus puissant du monde financier : le temps.
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